URBANISME

De la question de la résidence secondaire

Quelle responsabilité l’architecte a-t-il dans l’équilibre social entre résidence principale et secondaire ?

C’est la question que nous nous sommes posée lors d’une rencontre avec un propriétaire qui souhaitait aménager dans sa résidence un logement de vacances pour sa fille résidant dans une grande ville. La réponse fut la suivante. Au vu du manque de logements principaux pour les habitants de ma région, et de leur exclusion du littoral, Upbdp ne réalise pas de résidences secondaires.
Difficile de prendre une telle position devant un potentiel client. Pourtant, celle-ci est devenue une évidence à la simple lecture de la carte ci-jointe. Lorsque le territoire est fortement déséquilibré par un type de résidence et que les résidents permanents ne peuvent plus décemment habiter ni trouver de logement, l’architecte a une part de responsabilité en acceptant de répondre à ce type de commande.
Selon l’observatoire des territoires, il y avait en 2017 près de 3,5 millions de logements secondaires en France. Selon ce même site, les communes du littoral sont majoritairement squattées par ces maisons closes plus de 9 mois par an. Dans le même temps, les natifs doivent se replier dans les terres et se retrouvent à des kilomètres de leur lieu de naissance, de travail, de lien social. Ce déséquilibre n’est pas acceptable.
Rappelons que ce qui fait l’attrait d’un lieu, c’est justement cette bonhommie créée, entretenue, façonnée par les autochtones. Le paradoxe est que les faux nouveaux venus, saisonniers de surcroit, de par leur mode de vie urbain ultra consumériste, cassent ces coutumes sociales, détraquent la valeur des biens en soutenant la spéculation immobilière et ce bien au-delà des moyens des habitants permanents.
Comme l’état ne fait rien pour contrôler cette surenchère, cette décision repose sur les épaules des élus communaux. Et il en faut du courage pour oser restreindre ainsi le développement de sa commune. À ce jour, nous n’en connaissons pas.
Bien au-delà d’une simple prise de position philosophique, c’est avant tout la défense d’un territoire, d’un terroir, d’une région, que nous voyons se faire mutiler pour le profit d’une minorité. C’est aussi une envolée des prix du locatif totalement déconnecté des couts de la vie. Enfin, c’est depuis 20 ans, un mitage du territoire par la construction désordonnée de clapiers individuels pour les primo-accédants. Ceci non plus n’est pas acceptable.
Selon Henri Gaudin, l’architecture est un acte social et nous partageons pleinement cet avis. Donc jusqu’à que l’équilibre soit revenu, Upbdp ne réalisera pas de résidence secondaire.

Légende de la carte :

1. Les ronds représentent la part de logements secondaires.

2. le taux de logements principaux

https://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr/outils/cartographie-interactive/#bbox=-394163,6079450,132935,109401&c=indicator&i=insee_rp_hist_1968.p_rsecocc&i2=insee_rp_hist_1968.part_rp&s=2018&s2=2018&view=map36

Ces données sont mises à jour tous les 5 ans, on attend avec impatience de connaitre l’évolution en 2021

Un avenir dans l’éclairage urbain ?

Dans la recherche d’un éclairage urbain respectueux de notre planète, voici une démarche des plus intéressantes. Affaire à suivre.

https://www.glowee.com/

Usé, réutilisé, recyclé

Extrait du journal le Sud-ouest, voici une réalisation sociétale que nous aurions aimer réaliser tant elle est nous apparait comme une évidente nécessité.

Le Smicval Market de Vayres. © Crédit photo : Sylvain Petitjean

Smicval Market

Se transporter intelligemment

Sur le petit bout de planète, nous vous avions parlé de nos véhicules, parfaitement profilés et fonctionnant à l’hydrogène.

Quelques humains les ont construits aussi sur terre, Ecomobile pour les 2 places et Dymaxion pour la famille.

C’est un bon début.

Soutenir l’insoutenable ?

Vu dans le cahier de la profession n° 64

Sachant les couts exorbitants des livraisons exclusivement maritimes vers l’ile de la Réunion. Interloqué du peu de respect de notre environnement que nécessite la fourniture de matières qui n’existent pas sur l’ile, sable, béton, ciment, fer à béton, vitrage, acier, alu, panneaux solaires, etc. Sachant que tous ces projets sont des niches de défiscalisations réservés aux « métro » inaccessibles aux Réunionnais. Il y a de quoi être choqué de cette autoglorification de médailles dans un esprit colonialiste évident. A part les projets d’équipements publics, on est dans un manque total d’équité, d’égalité et de fraternité.

Mon Ordre est dans le désordre.

Vers une Architecture ?

C’est la question que nous nous posons suite à la parution de la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine (LCAP), d’application immédiate, consacre un volet au renforcement de la qualité architecturale et renforce le recours à l’architecte.

Les principales mesures prises en faveur de la profession :

  • abaissement du seuil de la surface plancher à 150 m2 pour le recours obligatoire à l’architecte (pour les constructions édifiées ou modifiées par les personnes physiques)
  • obligation d’afficher le nom de l’architecte, auteur du projet, sur le terrain en même temps que l’affichage du permis de construire
  • obligation de mentionner son nom sur une façade extérieure de l’ouvrage avec la date d’achèvement
  • obligation de recourir à l’architecte pour l’aménagement des lotissements (le seuil sera fixé par décret)
  • mise en place d’un « permis de faire » (dérogation aux règles de construction pour des projets expérimentaux d’intérêt national)
  • possibilité de réduction des délais d’instruction des demandes de permis de construire pour les pétitionnaires ayant eu recours à l’architecte pour des projets qui ne l’exigeaient pas.

Réelle amélioration ou nouvelle dérive technocratique ? Son application nous le dira.